A notre camarade Pedro

Pedro avait participé à la création du Comité pour Clément. Il est décédé mercredi dernier des suites d’un cancer.

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Communiqué de l’AFA Paris-Banlieue :

Repose en paix Pedro.
Co-fondateur de la Horde et animateur du collectif Solidarité Résistance Antifa (SRA) pendant plus d’une dizaine d’années, Pedro était un militant antifasciste parisien (re)connu de tous/tes.
Il est décédé mercredi dernier des suites d’un cancer.

Par ces quelques lignes, nous tenons à honorer sa mémoire generic crestor.

Présent à nos côtés lors du décès de notre compagnon Clément, Pedro nous accompagnait déjà au moment de la création de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue en 2008, notamment sur les aspects juridiques et de la sécurité.
Il était aussi un camarade réfléchi, toujours de bons conseils et pour certain-e-s un ami.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa compagne, sa famille et nos camarades et ami-e-s
de La Horde, du SRA et de REFLEXes.

Le meilleur hommage, c’est de continuer le combat.

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Par-delà les frontières, la lettre solidaire des mères italiennes du collectif «Madri Per Roma Città Aperta»

L1006763Cher Clément,
Une mer de haine alimentée par les inégalités du capitalisme et incitée par des experts militants de l’extrême droite, a armé les mains de tes assassins comme celles des assassins de Dax à Milan, Renato à Rome, Pavlos à Athènes.
Et aujourd’hui, sous cette marée de haine utilisée pour cacher, sous la couverture de la « sécurité » les vrais problèmes sociaux – revenu, logement , droits de la citoyenneté – voilà le retour de la violence. Ce climat et le succès de ces nouvelles droites arment à nouveau la main des fascistes, trop souvent couverts par le niveau institutionnel et par l’apparat policier.
Les risques du fascisme plus dangereux se rencontrent aujourd’hui dans tous les partis et les organisations qui utilisent la violence et le meurtre comme forme «politique» pour intimider l’autre, dans les messages et les pratiques racistes, dans la propagation d’identités territoriales et dans le nationalisme, conçu comme un rempart contre les communautés multi-ethniques.
«Pas besoin d’être forts pour faire face au fascisme dans ses forme folles et ridicules – écrivait Pasolini-: vous devez être très fort pour faire face au fascisme vu comme normalité… Extrême droite et néo-fascistes sont devenus populaires parmi les jeunes tandis que la haine et la violence dont ils sont porteurs ont été déclassifiées comme « bagarres entre jeunes », comme des «phénomènes occasionnels», et non pas comme le résultat d’un climat politique.
Qui s’oppose et s’est opposé dans ces dernières années à la montée de haine et de discrimination, l’a fait aussi pour continuer à s’opposer au fascisme. Les camarades et frères qui ont été tués ou blessés, ont été tués ou blessés parce qu’ils étaient et sont anti-fascistes, parce qu’ils étaient et sont ennemis irréconciliables de cette haine, de ses symboles et de son vocabulaire d’hier et d’aujourd’hui: parce qu’ils s’opposaient et ils s’opposent à ces idées de mort, la vie et la vision du monde dans le signe de la solidarité et de la libération de chacun de ses propres chanes . Ils nous ont montré , en d’autres termes, ce que cela peut signifier aujourd’hui, 70 ans après la libération, le mot Resistenza.
40 ans après les meurtres de Walter Rossi et Valerio Verbano à Rome et de Fausto et Iaio à Milan tués dans les années 70 et 80,
20 ans après l’assassinat de Brahim Bouarram en marge d’un défilé du Front National,
20 ans après l’assassinat d’Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front National,
10 ans après l’assassinat de Dax à Milan et de Renato à Rome
2 ans après ton assassinat à Paris, Clément, et de Pavlos à Athènes
le fascisme continue de tuer et reste un danger dans la rue comme dans les urnes.
Nous, mères, nous voulons reprendre vos corps tués et emprisonnés, et les rendre à nouveau visibles, nous voulons reprendre vos rêves, pour vous faire revenir à la vie et à la liberté.
Nous n’avons pas peur , comme vous ne l’avez pas eu. La peur nous la laissons respirer à ceux qui sont assiégés par les luttes, à ces policiers méconnaissables couverts par casques et boucliers, aux lâches armés de couteaux fascistes.
Chers Clément et Carlo et Dax et Renato et Remi et Pavlos vos poumons étaient pleins de liberté, comme le sont ceux des camarades qui sont maintenant en prison et jugés pour leurs luttes et leurs rêves.
Même nos poumons de mères se sont remplis de liberté et nous continuerons à raconter et dénoncer les nombreux épisodes de violences fascistes et l’atteinte à la liberté et aux droits découlant de la lutte anti-fasciste et de la Résistance.
Nous continuerons à nous opposer à un État liberticide et répressif qui favorise et cultive la croissance de groupes fascistes, nazis et racistes.
Nous continuerons de refuser la création d’une Europe forteresse, xénophobe et répressive contre les luttes sociales, nous continuerons et nous poursuivrons à rappeler les milliers de migrants qui sont morts dans la Méditerranée et ceux qui sont enfermés dans des camps d’expulsion, les gens qui meurent à cause de l’insécurité, les victimes de la répression et de la police fasciste dans le monde.
Nous continuerons à nous opposer à tout cela et à crier notre désir de vivre tous ensemble dans le respect des droits et de l’équité sociale et de continuer à combattre le fascisme sous toutes ses formes.

Nous, Le Madri Per Roma Città Aperta (Mères Pour Rome Ville Ouverte), nous lançons un appel pour que toutes les résistances se réunissent contre chaque État ou Régime qui soit basé sur les nombreuses formes de fascisme qui existent encore en Italie et dans le monde. Pour qu’on puisse parcourir des chemins anti-fascistes qu’ils soient italiens, européens ou mondiaux, qui devront nécessairement marcher ensemble et se nourrir les uns les autres avec leurs particularités, grâce à un travail actif de connaissance et de soutien mutuel.

C’est pour cela que nous remercions tes parents, Clément, et tes camarades du groupe d’Action Antifasciste Paris-Banlieue dont tu faisais partie, pour avoir accepté notre invitation à célébrer l’anniversaire de la libération de l’Italie du fascisme.

Il est temps, en Italie, en Grèce, en France et dans le monde entier que nous organisions la riposte. Avec les nouveaux partisans, Clément, Carlo, Renato, Dax, Valerio, Pavlos, Remi… Il est temps de reprendre la rue – nos rues.

Ni oubli, ni pardon

Le «Madri Per Roma Città Aperta»

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Clément Méric: indulgence judiciaire pour les militants d’extrême-droite

Lu sur Le Huffington Post :
Clément Méric: indulgence judiciaire pour les militants d’extrême-droite

Esteban Morillo, principal suspect dans la mort de Clément Méric, en juin 2013 à Paris, a été remis en liberté, mardi 2 septembre, par la cour d’appel de Paris.

Sympathisant du groupuscule d’extrême droite Troisième Voie, Esteban Morillo avait reconnu dès le départ avoir porté deux coups de poing, à main nue, au visage de l’étudiant de 18 ans.


Il est mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Le deuxième suspect en détention provisoire dans cette affaire, Samuel Dufour, 20 ans, avait été libéré en juin.

Dufour est ce militant fasciste qui, après avoir participé à l’agression qui a conduit au meurtre de Clément Méric, avait envoyé des SMS accablants sur sa participation aux faits. Il a été libéré, sous contrôle judiciaire, un an tout juste après les faits. Parmi ses SMS, certains avaient comme destinataire Serge Ayoub, leader du groupe « Troisième Voie ». Celui-ci dénonçait d’ailleurs au mois de février,sur le site Rue 89 qui lui laissait complaisamment la parole, la détention provisoire de Dufour comme un prétendu scandale, notamment en raison de la « poursuite des études » du jeune fasciste. Il a été écouté.

Katia Veloso, la compagne du principal mis en cause Esteban Morillo, qui avait téléphoné à des militants d’extrême-droite pour qu’ils viennent rejoindre les jeunes néo-nazis déjà sur place, a été mise totalement hors de cause.

Si cet état de fait est révoltant, et augure plutôt mal de la suite du procès du meurtre de Clément Méric, il n’est malheureusement pas surprenant, au regard d’autres affaires de ce type.

brahim_bouarramEn 1995 Brahim Bouarram est jeté à la Seine, en marge d’un défilé du FN, par des militants néo-nazis, dont il sera très vite établi qu’ils avaient des liens habituels avec le parti d’extrême-droite. Plusieurs d’entre eux étaient en effet utilisés régulièrement comme membres du service d’ordre par les responsables du FN de leur département d’origine.

Moins d’un an après le meurtre, plusieurs des co-accusés sont libérés pendant l’instruction alors en cours. Quatre témoins ont d’abord relaté des faits accablants et concordants démontrant que l’ensemble des néo-nazis cherchait activement une victime en scrutant les berges de la Seine, bien avant de tomber sur Brahim Bouarram.

Mais en quelques mois, ces quatre personnes se sont toutes rétractées, notamment une jeune femme qui apparaît muette et terrorisée au cours des audiences. Le juge, pourtant, ne tient aucun compte du caractère troublant de ces rétractations tardives générales, et relâche les co-accusés. L’un des présents à la ratonnade a d’ailleurs été relâché bien avant, comme si la possibilité de pression sur les témoins n’avait aucune importance.

Par ailleurs, le responsable du service d’ordre du FN (le DPS) comme celui du FN de la Haute-Marne ne seront jamais inquiétés. Ils avaient pourtant attendu une semaine avant de donner l’identité des accusés à la police et s’étaient auparavant rendus au domicile de ces derniers, ce qui leur a laissé tout le temps pour se débarrasser d’éléments compromettants et élaborer une stratégie de défense.

Au procès lui-même, les peines des co-accusés du meurtre de Bouarram permettront à trois d’entre eux de ne pas retourner en prison, la peine ferme d’un an étant couverte par la détention préventive, et les trois ans restants étant du sursis. Un seul co-accusé David Halbin fera un an de prison, mais seulement parce qu’il était resté libre le temps de l’instruction. Quant à celui qui a poussé Brahim Bouarram dans la Seine Mickaël Freyminet, il écopera d’un jugement très modéré, de huit ans ferme.

Sept ans plus tard, on retrouvera son nom cité dans une autre affaire de meurtre: en septembre 2002, une bande de néo-nazis tabasse François Chenu à Reims, le jette à l’eau, puis le repêche pour l’achever à coup de rangers. François Chenu était homosexuel, le seul mobile du meurtre. Après les faits, les jeunes néo-nazis avaient passé de nombreux coups de fil à leur mentor un peu plus âgé, qui n’était autre que le meurtrier de Brahim Bouarram. Mickaël Freminet.

Celui-ci, qui avait déclaré avoir abjuré ses croyances et avait osé demander pardon à la compagne de Brahim Bouarram, s’était immédiatement relancé dans l’activisme néo-nazi à sa libération. Il avait d’ailleurs rencontré les trois meurtriers de François Chenu lors d’un camp organisé par cette mouvance.

Esteban Morillo, l’assassin présumé de Clément Méric, déclare déjà aujourd’hui qu’il a renoncé à ses idées, et le redira sans doute lors du procès. Il est d’ailleurs fréquent que la justice fasse mine de croire ces paroles. Elle prête une oreille attentive aux avocats de la défense toujours prompts à plaider la nécessité de ne « pas briser définitivement la vie » des jeunes fascistes avec des peines trop lourdes.

Naturellement, l’argument est encore plus entendu quand le prévenu est sorti de prison bien en amont du procès: contrairement aux jeunes des quartiers populaires, les militants d’extrême-droite ont le réseau et les relations pour retrouver très vite un emploi et une « insertion ». Ainsi nul doute que Samuel Dufour se présentera en salarié modèle le jour où les audiences débuteront. Maxime Brunerie, qui avait tiré sur Jacques Chirac n’avait-il pas retrouvé un emploi à la mairie UMP de Courcouronnes, dès sa sortie de prison?

D’autres affaires en cours donnent également des raisons de craindre que les assassins de Clément Méric fassent l’objet d’une grande clémence judiciaire: par exemple le non-lieu délivré à Christophe Lavigne. En mars 2014. Lavigne, militaire de carrière, toujours pas rayé des cadres de l’armée, avait lui même reconnu planifier un attentat meurtrier contre la mosquée de Vénissieux. Il déclarait avoir tout préparé pour tirer dans la foule à la sortie de la prière, pendant le Ramadan 2013.

L’homme, sympathisant actif de l’extrême-droite identitaire et néo-nazie était déjà passé à l’acte quelques temps auparavant en jetant un cocktail Molotov sur la mosquée de Libourne. Il répondra de ce dernier acte en justice prochainement, mais comparaîtra libre, et n’aura en tout cas jamais à se justifier de son projet d’attentat.

A quoi attribuer cette indulgence pour les actes et même les crimes de l’extrême-droite dans une période où pourtant les longues peines et la détention préventive allongée sont la règle ordinaire?

Les juges ne sont certes pas des fascistes, mais dans le fonctionnement actuel du système judiciaire, beaucoup d’éléments sont favorables à ces derniers. Les réseaux de l’extrême-droite permettent un soutien financier extrêmement important, décisif dans une procédure. Cela ouvre la possibilité de se concerter régulièrement et longuement avec son avocat, celle de faire des recours réitérés pour demander une libération, de contester des expertises. Toutes ces démarches pèsent fortement. .

Le temps joue aussi: quand l’attention médiatique s’éloigne, quand la solidarité avec les victimes s’amenuise, les débats et les décisions se font avec moins de pression sur les accusés, et des juges déjà prompts à regarder d’un œil compatissant des jeunes gens d’extrême-droite pourront d’autant plus se le permettre.

Il faut donc beaucoup d’acharnement, de solidarité et de combats pour obtenir que justice soit rendue. C’est le cas, parfois, pour certaines agressions. Ainsi les jeunes néo-nazis qui avaient tabassé Nourredine Rachedi en 2008 à Guyancourt (78), après l’avoir interrogé pour savoir s’il était musulman, ont fini par être condamnés au moins à une peine de dix-huit mois de prison avec sursis en 2012, par la Cour d’Appel. C’est incroyablement peu au regard de la gravité de l’agression, mais en première instance, ils avaient été relaxés; seul le courage de la victime et la solidarité ont permis que cette relaxe ne soit pas définitive.

Il est donc essentiel de ne pas laisser l’instruction se dérouler en silence concernant le meurtre de Clément Méric . Dans le contexte actuel d’offensive de l’extrême-droite, les antiracistes et les progressistes doivent faire largement connaître les enjeux de ce qui se déroule au plan judiciaire. C’est le seul moyen d’obtenir un minimum de justice.

download-2Albert HerszkowiczMembre du Collectif Memorial 98 qui lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les négationnismes;
site internet www.memorial98.org

CLÉMENT MÉRIC, APRÈS DEUX ANS D’ENQUÊTE, UNE RÉPONSE A QUELQUES CONTRE-VÉRITÉS

CLÉMENT MÉRIC,  APRÈS DEUX ANS D’ENQUÊTE, UNE RÉPONSE A QUELQUES CONTRE-VÉRITÉS

Il y a deux ans, Clément Méric, jeune militant antifasciste, mourrait sous les coups d’une bande de skinheads néonazis rue Caumartin à Paris. Alors que nous venons de lui rendre hommage, il est temps de faire un point sur l’avancée de l’enquête, et de dénoncer ainsi quelques contre-vérités principalement diffusées par les réseaux d’extrême-droite et relayées dans les médias[1].

« La responsabilité de la confrontation est à chercher du côté des antifascistes »

C’est en substance ce que racontait il y a encore quelques jours la défense d’E. Morillo devant la caméra de l’AFP. Elle fait là certainement référence à la réaction outrée d’un des amis de Clément lors de l’arrivée des skinheads à la vente privée de la rue Caumartin. L’enquête a établi que l’un de ceux-ci arborait sur son T-shirt le slogan « Par le sang et par l’honneur« , devise des Jeunesses hitlériennes. Réagir face à des affichages néo-nazis, ne pas baisser les yeux et ne pas rester silencieux, ce n’est pas une provocation, c’est une réaction saine.

Immédiatement avant d’agresser Clément, E. Morillo avait eu une conversation téléphonique avec son chef, Serge Ayoub. L’un des témoins raconte qu’après avoir raccroché, il a enfilé un poing américain à la main droite et dit au reste de la troupe « on y va ». Il serait vraiment intéressant de savoir ce que se sont dit ces deux hommes liés par une forte relation hiérarchique…

« Clément Méric et ses amis attendaient les skinheads pour en découdre »

Voilà ce qu’on peut lire ou entendre dans toute la presse, de Libération à Minute… Or, c’est faux. Le groupe attendait simplement que les néo-nazis quittent la vente privée pour que Clément, qui venait de les rejoindre, puisse faire ses courses en toute quiétude. C’est d’ailleurs pourquoi ils se tenaient à une certaine distance du lieu de la vente.

Une rencontre avec les néo-nazis leur semblait même impossible : ils avaient signalé à l’un des vigiles de la vente, qui était venu à leur rencontre, la présence de poings américains dans les sacs des skinheads (ces derniers avaient laissé voir ces objets en les glissant dans leurs sacs à l’entrée de la vente) afin qu’il prévienne deux policiers qui se trouvaient sur place. Le vigile n’en a rien fait, et quelques minutes après le départ des policiers, les skinheads sont sortis avec leurs armes.

« Le groupe de Clément Méric attendait des renforts »

Bien que l’on puisse le lire ici ou là, cette première intuition des policiers n’a jamais été confirmée par l’enquête qui a procédé à une analyse approfondie des téléphones. Et il est établi que personne n’est arrivé en renfort du côté des antifascistes.

A l’inverse, Morillo et deux autres personnes ont reconnu être venus sur les lieux pour prêter main forte aux skinheads, à leur appel.

« Les skinheads se sont défendus contre une agression des antifas »

C’est la thèse de l’inversion des rôles entre agresseurs et agressés largement diffusée par les milieux d’extrême-droite[2].

En sortant de l’immeuble de la vente pour – selon leurs dires – rejoindre le métro, les skinheads ont pris vers la gauche en direction du groupe des antifas, alors que l’entrée de métro la plus proche – visible de cet endroit – se trouvait à l’opposé, sur leur droite, direction vers laquelle un vigile leur avait conseillé d’aller.

Contrairement à ce qui est également parfois prétendu, le groupe de Clément n’a à aucun moment barré la route à celui d’E. Morillo. Les enregistrements de vidéosurveillance[3] montrent que l’agression a eu lieu au pied du mur de l’église où patientaient Clément Méric et ses camarades depuis plus de quarante minutes, et non au milieu de la voie comme le prétendent les skinheads. Il est donc établi qu’E. Morillo et ses comparses se sont délibérément dirigés vers les antifascistes.

Et c’est bien E. Morillo qui a porté le premier coup, comme il l’a lui-même avoué aux enquêteurs.

« Les skinheads n’étaient pas armés »

Il est acquis que S. Dufour l’était puisqu’il s’est vanté dans un SMS d’avoir utilisé un poing américain (aveu corroboré par des témoignages, parmi lesquels celui d’E. Morillo lui-même).

Quant à E. Morillo, qui reconnaît avoir porté à Clément le coup qui l’a tué, un vendeur et plusieurs passants affirment l’avoir vu un poing américain à la main.

Il y a aussi, et surtout, ces marques significatives sur le visage de Clément : des marques rectangulaires ponctuées de 2 cm sur 6 cm et de 2 cm sur 8 cm, qui devraient laisser peu de place au doute. Pourtant, se fondant sur les hésitations initiales du rapport d’autopsie, les expertises de médecine légale déjà réalisées ont renoncé à prendre clairement position : elles refusent de conclure formellement à l’usage d’un poing américain, sans pour autant en exclure la possibilité. De nouvelles expertises sont attendues pour clarification.

« Clément Méric est mort… » « accidentellement » ou « en chutant »

On a souvent évoqué la présence d’un poteau ou d’une poubelle à proximité de l’endroit où Clément s’est effondré et expliqué que c’est en se cognant la tête sur l’un des deux objets qu’il s’était tué. En réalité, Clément est tombé directement à terre sous le coup de son agresseur. Si le choc reçu à l’arrière de la tête au contact du sol pouvait avoir de graves conséquences, il est acquis, et cela a été clairement indiqué dès le début de l’enquête, que c’est le coup violemment porté au visage – sur l’arête du nez – qui l’a tué. La mort de Clément n’est pas un accident ; elle résulte bien d’un geste volontaire.

L’établissement de la vérité concernant la mort de Clément est un long combat contre la dissimulation, la diffamation et l’intoxication médiatique. Il est éprouvant, mais nous le mènerons jusqu’au bout.

Les parents de Clément Méric et ses amis présents lors de l’agression
Juin 2015
[1] Nos propos s’appuient sur l’instruction pénale qui est toujours en cours et devrait se prolonger encore plusieurs mois, du fait des nouvelles investigations prévues ; la tenue du procès d’assises ne doit donc pas être attendue avant 2016.

[2] Ainsi, l’opération « La vidéo de l’agression a parlé« , trois semaines après la mort de Clément, tentait de présenter les agresseurs en situation de légitime défense. Il était prétendu au sujet des images de vidéosurveillance qu’elles « montrent un Clément Méric provocateur » et paraissent  » conforter les arguments des militants d’extrême droite selon lesquels ils n’avaient fait que répliquer aux attaques des militants antifascistes« . Rien dans le dossier ne vient étayer ces allégations mensongères. Cette manipulation, probablement initiée par des relais de l’extrême droite dans la police, avait été, avec la complicité de RTL, relayée sans précaution par la plupart des médias, bien que contredite par des responsables de la police judiciaire.

[3] La vidéo est visible dans l’enquête de Thierry Vincent « Les violences de l’extrême droite – Le retour » diffusée par Canal + le 24 novembre 2014 dans le cadre du magazine « Spécial investigations ».

 

Communiqué du « Comité pour Clément » sur la mise en liberté de M. Morillo.

Nous avons appris ce jour la libération sous contrôle judiciaire de M. Morillo, principal mis en cause dans la mort de notre camarade, Clément Méric.

Rappelons d’abord que la fin d’une détention provisoire ne présage en rien de l’issue d’un procès, et encore moins de l’innocence des mis en examen. En effet, la détention provisoire est une mesure d’exception qui doit être justifiée par les nécessités de l’instruction et cesser dès que possible. Les parties civiles ne se sont d’ailleurs prononcées sur aucune des demandes de remise en liberté, et ce depuis le début de l’affaire.

Qu’il soit bien clair aussi que nous ne prônons pas l’enfermement comme solution, que nous ne le souhaitons à personne ; et surtout que nous ne nous en remettons pas à la justice pour lutter contre l’extrême droite.

Elle a d’ailleurs prouvé son indulgence voire sa bienveillance à l’égard de celle-ci à plusieurs reprises : les assassins de Brahim Bouarram ont été condamnés à des peines de huit mois à un an ferme, un militant qui a tiré sur un concert de soutien aux sans-papiers a été condamné à deux ans de prison en comparution immédiate sans aucune enquête sur les complicités dont il a bénéficié, Serge Ayoub est relaxé de l’assassinat de James Dindoyal et nous pourrions poursuivre cette triste liste.
970203_344643972330609_1167883281_nLa libération de M. Morillo ne doit pas faire oublier que les preuves à l’encontre des militants de 3e Voie qui ont agressé Clément sont accablantes. Loin de la présentation qu’en font certains médias qui renvoient deux versions dos à dos, l’enquête a permis de préciser les zones d’ombres des premières semaines. Plusieurs témoins confirment la présence de poings américains dans le groupe de skinheads ainsi que l’appel de renforts par SMS et appels téléphoniques. Les relevés d’appel confirment également le lien direct entre les agresseurs de Clément et Serge Ayoub, qui prétendait pourtant ne pas les connaître. Enfin, la vidéo de surveillance citée en juin par RTL, dans ce qui restera une belle intoxication d’un média peu regardant, démontre que Clément et ses amis n’ont pas bougé d’un centimètre en direction de leurs agresseurs qui se sont bien jetés sur eux.

Mais le mal est fait. L’extrême droite a réussi son coup de communication avec la complicité de nombreux journalistes qui se sont empressés de relayer leurs versions, voire de donner de l’importance à des provocations verbales alors que notre camarade avait été frappé à mort.

Notre combat ne vise pas à une vengeance judiciaire par l’obtention de lourdes peines. Il vise à refuser que soient mis sur un pied d’égalité les idées de haines et de violence de l’extrême droite avec les idées d’égalité et de progrès social que nous défendons.

Comité pour Clément

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Un an après, la solidarité ne faiblit pas!

La manifestation parisienne marquant les un an de la mort de Clément a réuni environ 8 000 personnes, hier, de la Bastille à Gambetta. Les manifestant.es, rassemblé.es dans des cortèges politiques, syndicaux, associatifs, ont martelé des slogans de solidarité avec les sans papiers, les victimes de crimes policiers et/ou sexistes, les militant.es visé.es par la répression.
D’autres rassemblements et manifestations ont eu lieu dans une cinquantaine de villes, en France et ailleurs.

Manifestation antifasciste - Un an après la mort de Clément

A jamais dans nos luttes #2 – juin 2014

 

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Télécharger en cliquant sur l’image

Le Comité pour Clément vient de publier le deuxième numéro de son bulletin d’information. Au sommaire, une présentation politique du festival « Les lendemains qui chantent », l’appel à la manifestation du 7 juin, une analyse de l’annulation de la mise en examen de Katia Veloso, et du traitement médiatique du second rapport d’autopsie.

Un an après le meurtre de Clément : plus que jamais, combattons l’extrême droite, partout où elle se dresse !

Le 5 juin 2013, Clément était tué par des militants d’extrême droite. Un an après sa mort, des manifestations et rassemblements auront lieu en France et ailleurs. N’hésitez pas à nous communiquer vos informations locales pour que nous mettions cette liste à jour et qu’elle soit la plus complète possible !

  • Aix-en-Provence : jeudi 5 juin – 18h30 – IEP
  • Albi : jeudi 5 juin – 17h – place du Vigan
  • Angers : samedi 7 juin – 15h – place Imbach/devant la Bourse du travail
  • Athènes : jeudi 5 juin – 17h
  • Auch : samedi 7 juin – 10h30 – place de la Libération
  • Avignon/Le Pontet : samedi 7 juin – 14h30 – devant la mairie du Pontet
  • Berlin : dimanche 8 juin – 15h – Schönhauser Allee 26A
  • Besançon : jeudi 5 juin – 18h – place du 8 septembre
  • Bollène : jeudi 5 juin – 18h – devant la maison des Communistes
  • Bordeaux : jeudi 5 juin – 18h30 – place Jean Moulin
  • Brest : jeudi 5 juin – 18h – place de la Liberté
  • Carhaix : samedi 7 juin – 10h30 – place de la gare
  • Châteauroux : jeudi 5 juin – 18h30 – place de la République
  • Clermont-Ferrand : samedi 7 juin – 14h – place de la Victoire
  • Dijon : samedi 7 juin – 14h – place de la Libération
  • Digne-les-Bains : samedi 7 juin – 11h – place du marché
  • Freiburg : jeudi 5 juin – 18h – Bertoldsbrunnen
  • Glasgow : jeudi 5 juin – 19h – George Square
  • Göttingen : vendredi 6 juin – Antifee Fest
  • La Roche-sur-Yon : vendredi 6 juin – 18h30 – place de la Vendée
  • Lannion : samedi 7 juin – devant la mairie
  • Le Havre : samedi 7 juin – 14h30 – ZAC Coty
  • Lille : jeudi 5 juin – 18h – place du marché de Wazemmes
  • Lisieux : samedi 7 juin – 14h30 – jardin public
  • Lyon : jeudi 5 juin – 19h – devant l’opéra
  • Marseille : jeudi 5 juin – 18h30 – Vieux Port
  • Milan : samedi 7 juin – Rap party – Dalle 22 Rozzano via Maggi 118
  • Montpellier : samedi 7 Juin – 20h30 – place de la préfecture
  • Morlaix : samedi 7 juin – 11h – devant la mairie
  • Mulhouse : samedi 7 juin – 14h – porte Jeune
  • Nantes : jeudi 5 juin – 14h30 – place Royal
  • Nîmes : samedi 21 juin – 11h – Maison Carrée
  • Niort : jeudi 5 juin – 18h – sur les marches des Halles
  • Orléans : vendredi 6 juin – 18h – place d’Arc
  • Paris : samedi 7 juin – 14h – place de la Bastille
  • Pau : samedi 14 juin – 14h – devant la préfecture
  • Perpignan : jeudi 5 juin – 14h – square Bir Hakeim
  • Perpignan : samedi 7 juin – 17h – place de la République
  • Rouen : jeudi 5 juin – 17h30 – devant le théâtre des Arts
  • Saint-Etienne : samedi 7 juin – 14h30 – place Jean Jaurès.
  • Strasbourg : samedi 7 juin – 15h – place Kléber
  • Taranto : vendredi 6 juin – 20h – Biblioteca popolare – Casa occupata via Garibaldi 210
  • Toulouse : jeudi 5 juin – 18h30 – place du Capitole
  • Tours : samedi 7 juin – 14h30 – place Jean Jaurès