« Seul-es meurent ceux-celles qui tombent dans l’oubli »

Banderole à Barcelone en hommage à plusieurs victimes du fascisme le 11 novembre dernier : « Seul-es meurent ceux-celles qui tombent dans l’oubli ».
De gauche à droite : Guillem Agulló (jeune antifa de Valence, assassiné en 1993), Francisco Javier Romero Taboada (dit « Jimmy »), Carlos Palomino, Clément Méric et Lucrecia Pérez Matos (immigrée tuée en 1992 à Madrid).
#NiOubliNiPardon

3 & 4 Juin 2016 – Festival en mémoire de Clément

► LES LENDEMAINS QUI CHANTENT 2016 ◄
Trois ans après la mort de Clément, la lutte continue.

► VENDREDI 3 JUIN à 18h
à La Flèche d’Or
102 Bis Rue de Bagnolet, 75020 Paris
(métro: Gambetta) 〓 PAF: 12 euros

Soirée Hip-Hop avec :
Ryaam
Original Tonio
Billie Brelok
Première Ligne (Skalpel, E.One & Akye)
VII
Casey

► SAMEDI 4 JUIN à 18h
à La Maroquinerie
23 Rue Boyer, 75020 Paris
(métro: Ménilmontant) 〓 PAF: 12 euros

Soirée Ska/Punk avec :
The Ready-Mades
The Beatdown
The Offenders
Two Tone Club
The Oppressed s.h.a.r.p. attitude

〓 PAF pour les deux soirs: 20 euros

Achat de places en ligne et infos sur
www.pourclement.org
leslendemainsfestival@gmail.com

4 Juin 2016 à Paris : Manifestation antifasciste en mémoire de Clément

Trois ans après, on ne baisse pas les bras !

Il y a maintenant trois ans, le 5 juin 2013, notre camarade Clément Méric, militant syndicaliste et antifasciste, était assassiné par des membres du groupuscule néonazi Troisième Voie. Depuis, sa mort est encore présentée comme le résultat d’une rixe entre bandes dans les médias et les discours politiques, réduite à un fait divers et non pas considérée comme la conséquence de la normalisation des idéologies de l’extrême droite dans de larges secteurs de la société française. L’activisme au grand jour de groupes néofascistes, les discours ouvertement racistes et sexistes devenus la norme… ne sont que les symptômes de l’installation d’un système autoritaire, sexiste, raciste et antisocial.

Les attentats de janvier et ceux de novembre ont lancé le début de la militarisation des forces de police. L’état d’urgence, sous lequel nous sommes appelé-e-s à vivre de façon permanente, c’est surtout 3379 perquisitions pour seulement 6 procédures judiciaires pour terrorisme. Les musulman-e-s, ou supposé-e-s tel-le-s sont considéré-e-s comme une « potentielle menace terroriste » et sont rapidement devenu-e-s les cibles des politiques racistes et racoleuses censées rassurer la population. Mais ces discours détruisent des milliers de vie. Les perquisitions et les assignations, source d’humiliation, ont été d’une grande violence, physique et psychologique. Dernièrement, le débat sur la déchéance de nationalité ne fut en réalité qu’une occasion de plus pour les politiques de se concurrencer dans la parole raciste. De cette manière, le gouvernement s’est largement dédouané de toute responsabilité de son échec d’assurer la sécurité intérieure, et ont fait payer à des familles entières leur incompétence.

Cette expérience islamophobe est devenue un laboratoire de la répression de toute parole d’opposition au gouvernement. Le déchaînement de la police à la veille de la COP21 le prouve. La militarisation de l’espace public ne sont plus des fantasmes mais une réalité concrète et quotidienne. Les politiques de répression de toutes formes de contestation populaire, les acquittements systématiques dans les affaires de crimes policiers, jusqu’à l’arbitraire et la brutalité contre les populations fragiles sous couvert d’état d’urgence, et la politique de criminalisation des militant-e-s des droits de l’Homme de la campagne BDS, tout ceci n’est que l’expression publique et sans masque d’un racisme qui ronge les institutions et administrations françaises. Tout ça pour nous amener à accepter les violences policières comme mode de gestion des classes populaires.

Par ailleurs, la « crise des migrants » n’est qu’un symptôme de plus de cette Europe Forteresse qui accepte que la mer méditerranée ne devienne qu’un immense cimetière maritime pour les victimes du capitalisme et des guerres dont cette même Europe est responsable, du Mali en Syrie. Alors que la mondialisation permet la libre circulation des marchandises et des flux financiers, les être humains sont sommés de s’arrêter aux murs, enfermés dans les camps d’internement ou les prisons. L’Europe s’est créée une forteresse, préférant démanteler les camps, même par le feu, que ce soit aux frontières, à Calais ou dans nos quartiers parisiens de La Chapelle, Stalingrad et Gare d’Austerlitz.
La multiplication des attaques racistes ne font que malheureusement confirmer ce que certains annonçaient depuis des années : la victoire idéologique et politique de l’extrême droite. La mise en place de politiques xénophobes par des gouvernements n’est plus une exception mais devient la norme européenne.

Les mobilisations contre la loi travail révèlent le ras-le-bol face à la destruction programmée des acquis sociaux et face à la précarité comme norme sociale. Elles sont la réponse à toutes celles et ceux qui pensent que la résignation et l’individualisme ont gagné. Les violences policières et la répression exercées contre ces mobilisations mettent en lumière ces pratiques qui sont fréquentes dans les quartiers populaires et tabous dans le reste de la société. Plus la situation sociale va se durcir, plus les violences policières vont se multiplier. Ces politiques sécuritaires et racistes sont le pendant de la guerre sociale, la précarité et l’insécurité sociale comme moyens de gouvernance qui régit notre société.

Parce que nous n’avons rien oublié du sourire de notre camarade ni de ses combats, parce que nous n’avons rien pardonné de l’infamie des fascistes qui l’ont tué et du système qui les produit, parce que nous n’entendons pas laisser sa mémoire aux mains des juges et des journalistes à l’occasion du procès qui approche, nous appelons à une manifestation antifasciste le samedi 4 juin 2016 à 14h à Stalingrad.

Face à la répression, au racisme et à l’extrême droite : autodéfense populaire !

A notre camarade Pedro

Pedro avait participé à la création du Comité pour Clément. Il est décédé mercredi dernier des suites d’un cancer.

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Communiqué de l’AFA Paris-Banlieue :

Repose en paix Pedro.
Co-fondateur de la Horde et animateur du collectif Solidarité Résistance Antifa (SRA) pendant plus d’une dizaine d’années, Pedro était un militant antifasciste parisien (re)connu de tous/tes.
Il est décédé mercredi dernier des suites d’un cancer.

Par ces quelques lignes, nous tenons à honorer sa mémoire generic crestor.

Présent à nos côtés lors du décès de notre compagnon Clément, Pedro nous accompagnait déjà au moment de la création de l’Action Antifasciste Paris-Banlieue en 2008, notamment sur les aspects juridiques et de la sécurité.
Il était aussi un camarade réfléchi, toujours de bons conseils et pour certain-e-s un ami.

Nous adressons nos plus sincères condoléances à sa compagne, sa famille et nos camarades et ami-e-s
de La Horde, du SRA et de REFLEXes.

Le meilleur hommage, c’est de continuer le combat.

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Par-delà les frontières, la lettre solidaire des mères italiennes du collectif «Madri Per Roma Città Aperta»

L1006763Cher Clément,
Une mer de haine alimentée par les inégalités du capitalisme et incitée par des experts militants de l’extrême droite, a armé les mains de tes assassins comme celles des assassins de Dax à Milan, Renato à Rome, Pavlos à Athènes.
Et aujourd’hui, sous cette marée de haine utilisée pour cacher, sous la couverture de la « sécurité » les vrais problèmes sociaux – revenu, logement , droits de la citoyenneté – voilà le retour de la violence. Ce climat et le succès de ces nouvelles droites arment à nouveau la main des fascistes, trop souvent couverts par le niveau institutionnel et par l’apparat policier.
Les risques du fascisme plus dangereux se rencontrent aujourd’hui dans tous les partis et les organisations qui utilisent la violence et le meurtre comme forme «politique» pour intimider l’autre, dans les messages et les pratiques racistes, dans la propagation d’identités territoriales et dans le nationalisme, conçu comme un rempart contre les communautés multi-ethniques.
«Pas besoin d’être forts pour faire face au fascisme dans ses forme folles et ridicules – écrivait Pasolini-: vous devez être très fort pour faire face au fascisme vu comme normalité… Extrême droite et néo-fascistes sont devenus populaires parmi les jeunes tandis que la haine et la violence dont ils sont porteurs ont été déclassifiées comme « bagarres entre jeunes », comme des «phénomènes occasionnels», et non pas comme le résultat d’un climat politique.
Qui s’oppose et s’est opposé dans ces dernières années à la montée de haine et de discrimination, l’a fait aussi pour continuer à s’opposer au fascisme. Les camarades et frères qui ont été tués ou blessés, ont été tués ou blessés parce qu’ils étaient et sont anti-fascistes, parce qu’ils étaient et sont ennemis irréconciliables de cette haine, de ses symboles et de son vocabulaire d’hier et d’aujourd’hui: parce qu’ils s’opposaient et ils s’opposent à ces idées de mort, la vie et la vision du monde dans le signe de la solidarité et de la libération de chacun de ses propres chanes . Ils nous ont montré , en d’autres termes, ce que cela peut signifier aujourd’hui, 70 ans après la libération, le mot Resistenza.
40 ans après les meurtres de Walter Rossi et Valerio Verbano à Rome et de Fausto et Iaio à Milan tués dans les années 70 et 80,
20 ans après l’assassinat de Brahim Bouarram en marge d’un défilé du Front National,
20 ans après l’assassinat d’Ibrahim Ali par des colleurs d’affiches du Front National,
10 ans après l’assassinat de Dax à Milan et de Renato à Rome
2 ans après ton assassinat à Paris, Clément, et de Pavlos à Athènes
le fascisme continue de tuer et reste un danger dans la rue comme dans les urnes.
Nous, mères, nous voulons reprendre vos corps tués et emprisonnés, et les rendre à nouveau visibles, nous voulons reprendre vos rêves, pour vous faire revenir à la vie et à la liberté.
Nous n’avons pas peur , comme vous ne l’avez pas eu. La peur nous la laissons respirer à ceux qui sont assiégés par les luttes, à ces policiers méconnaissables couverts par casques et boucliers, aux lâches armés de couteaux fascistes.
Chers Clément et Carlo et Dax et Renato et Remi et Pavlos vos poumons étaient pleins de liberté, comme le sont ceux des camarades qui sont maintenant en prison et jugés pour leurs luttes et leurs rêves.
Même nos poumons de mères se sont remplis de liberté et nous continuerons à raconter et dénoncer les nombreux épisodes de violences fascistes et l’atteinte à la liberté et aux droits découlant de la lutte anti-fasciste et de la Résistance.
Nous continuerons à nous opposer à un État liberticide et répressif qui favorise et cultive la croissance de groupes fascistes, nazis et racistes.
Nous continuerons de refuser la création d’une Europe forteresse, xénophobe et répressive contre les luttes sociales, nous continuerons et nous poursuivrons à rappeler les milliers de migrants qui sont morts dans la Méditerranée et ceux qui sont enfermés dans des camps d’expulsion, les gens qui meurent à cause de l’insécurité, les victimes de la répression et de la police fasciste dans le monde.
Nous continuerons à nous opposer à tout cela et à crier notre désir de vivre tous ensemble dans le respect des droits et de l’équité sociale et de continuer à combattre le fascisme sous toutes ses formes.

Nous, Le Madri Per Roma Città Aperta (Mères Pour Rome Ville Ouverte), nous lançons un appel pour que toutes les résistances se réunissent contre chaque État ou Régime qui soit basé sur les nombreuses formes de fascisme qui existent encore en Italie et dans le monde. Pour qu’on puisse parcourir des chemins anti-fascistes qu’ils soient italiens, européens ou mondiaux, qui devront nécessairement marcher ensemble et se nourrir les uns les autres avec leurs particularités, grâce à un travail actif de connaissance et de soutien mutuel.

C’est pour cela que nous remercions tes parents, Clément, et tes camarades du groupe d’Action Antifasciste Paris-Banlieue dont tu faisais partie, pour avoir accepté notre invitation à célébrer l’anniversaire de la libération de l’Italie du fascisme.

Il est temps, en Italie, en Grèce, en France et dans le monde entier que nous organisions la riposte. Avec les nouveaux partisans, Clément, Carlo, Renato, Dax, Valerio, Pavlos, Remi… Il est temps de reprendre la rue – nos rues.

Ni oubli, ni pardon

Le «Madri Per Roma Città Aperta»

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Un an après, la solidarité ne faiblit pas!

La manifestation parisienne marquant les un an de la mort de Clément a réuni environ 8 000 personnes, hier, de la Bastille à Gambetta. Les manifestant.es, rassemblé.es dans des cortèges politiques, syndicaux, associatifs, ont martelé des slogans de solidarité avec les sans papiers, les victimes de crimes policiers et/ou sexistes, les militant.es visé.es par la répression.
D’autres rassemblements et manifestations ont eu lieu dans une cinquantaine de villes, en France et ailleurs.

Manifestation antifasciste - Un an après la mort de Clément