Un an après le meurtre de Clément : plus que jamais, combattons l’extrême droite, partout où elle se dresse !

Le 5 juin 2013, Clément était tué par des militants d’extrême droite. Un an après sa mort, des manifestations et rassemblements auront lieu en France et ailleurs. N’hésitez pas à nous communiquer vos informations locales pour que nous mettions cette liste à jour et qu’elle soit la plus complète possible !

  • Aix-en-Provence : jeudi 5 juin – 18h30 – IEP
  • Albi : jeudi 5 juin – 17h – place du Vigan
  • Angers : samedi 7 juin – 15h – place Imbach/devant la Bourse du travail
  • Athènes : jeudi 5 juin – 17h
  • Auch : samedi 7 juin – 10h30 – place de la Libération
  • Avignon/Le Pontet : samedi 7 juin – 14h30 – devant la mairie du Pontet
  • Berlin : dimanche 8 juin – 15h – Schönhauser Allee 26A
  • Besançon : jeudi 5 juin – 18h – place du 8 septembre
  • Bollène : jeudi 5 juin – 18h – devant la maison des Communistes
  • Bordeaux : jeudi 5 juin – 18h30 – place Jean Moulin
  • Brest : jeudi 5 juin – 18h – place de la Liberté
  • Carhaix : samedi 7 juin – 10h30 – place de la gare
  • Châteauroux : jeudi 5 juin – 18h30 – place de la République
  • Clermont-Ferrand : samedi 7 juin – 14h – place de la Victoire
  • Dijon : samedi 7 juin – 14h – place de la Libération
  • Digne-les-Bains : samedi 7 juin – 11h – place du marché
  • Freiburg : jeudi 5 juin – 18h – Bertoldsbrunnen
  • Glasgow : jeudi 5 juin – 19h – George Square
  • Göttingen : vendredi 6 juin – Antifee Fest
  • La Roche-sur-Yon : vendredi 6 juin – 18h30 – place de la Vendée
  • Lannion : samedi 7 juin – devant la mairie
  • Le Havre : samedi 7 juin – 14h30 – ZAC Coty
  • Lille : jeudi 5 juin – 18h – place du marché de Wazemmes
  • Lisieux : samedi 7 juin – 14h30 – jardin public
  • Lyon : jeudi 5 juin – 19h – devant l’opéra
  • Marseille : jeudi 5 juin – 18h30 – Vieux Port
  • Milan : samedi 7 juin – Rap party – Dalle 22 Rozzano via Maggi 118
  • Montpellier : samedi 7 Juin – 20h30 – place de la préfecture
  • Morlaix : samedi 7 juin – 11h – devant la mairie
  • Mulhouse : samedi 7 juin – 14h – porte Jeune
  • Nantes : jeudi 5 juin – 14h30 – place Royal
  • Nîmes : samedi 21 juin – 11h – Maison Carrée
  • Niort : jeudi 5 juin – 18h – sur les marches des Halles
  • Orléans : vendredi 6 juin – 18h – place d’Arc
  • Paris : samedi 7 juin – 14h – place de la Bastille
  • Pau : samedi 14 juin – 14h – devant la préfecture
  • Perpignan : jeudi 5 juin – 14h – square Bir Hakeim
  • Perpignan : samedi 7 juin – 17h – place de la République
  • Rouen : jeudi 5 juin – 17h30 – devant le théâtre des Arts
  • Saint-Etienne : samedi 7 juin – 14h30 – place Jean Jaurès.
  • Strasbourg : samedi 7 juin – 15h – place Kléber
  • Taranto : vendredi 6 juin – 20h – Biblioteca popolare – Casa occupata via Garibaldi 210
  • Toulouse : jeudi 5 juin – 18h30 – place du Capitole
  • Tours : samedi 7 juin – 14h30 – place Jean Jaurès

L’extrême droite et les femmes : pourquoi Katia Veloso n’est-elle plus mise en examen ?

L’extrême droite française est un milieu numériquement dominé par les hommes blancs, et dont tout le discours est organisé pour servir les intérêts des hommes blancs. On y trouve pourtant, marginalement, des minorités ethniques et raciales, qui y défendent des discours racistes. On y trouve aussi des femmes, qui y défendent des discours antiféministes. Elles rejettent le droit des femmes à disposer de leur corps, s’insurgent contre la contraception et le droit à l’IVG, promeuvent l’hétérosexualité obligatoire, soutiennent que les hommes sont « naturellement » plus légitimes à occuper les positions de pouvoir.

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Katia Veloso est l’une d’elles. Militante de Troisième Voie, groupuscule officiellement dissout à la suite de la mort de Clément, elle était présente sur les lieux de l’agression. Alors qu’elle avait été initialement mise en examen pour complicité de violences, elle a bénéficié récemment d’une annulation de sa mise en examen, et donc de son placement sous contrôle judiciaire. La justice s’est montrée plus ferme envers Stéphane Calzaghe, qui a vu confirmée sa mise en examen, et Samuel Dufour, maintenu en détention. Pourtant, Katia Veloso a pleinement participé à l’agression, et par là au meurtre de Clément. C’est elle qui a appelé en renfort plusieurs autres militants néonazis, en renfort de son compagnon Esteban Morillo, principal accusé.

Comment sa mise en examen a-t-elle pu être annulée ?

L’explication est double : Veloso a paradoxalement tiré profit, d’une part, du sexisme de l’extrême droite et de la justice française, et, d’autre part, de l’acharnement de la justice à dépolitiser le meurtre de Clément.

Elle a tiré du profit du sexisme de l’extrême droite : comme d’habitude chez les réactionnaires, les rôles des hommes et des femmes ont été soigneusement distingués. Les hommes sont passés à l’action, les femmes sont demeurées sagement en arrière. Une seconde militante de Troisième Voie, présente sur les lieux, s’est docilement mise en retrait avant l’agression : elle n’a ainsi même pas été inquiétée par la justice. Veloso n’a elle non plus porté aucun coup : d’une certaine manière, elle a donc été préservée par le sexisme qui l’assignait à la seconde ligne. C’est le premier pas : Veloso ne risque pas l’accusation de violences.

Mais elle n’a pu tirer profit du sexisme de l’extrême droite qu’à la condition que celui-ci soit validé par l’institution judiciaire, qui a effectivement considéré que son rôle avait été insignifiant. Elle a ainsi bénéficié du sexisme ordinaire des institutions françaises, incapables de considérer les femmes comme sujets politiques à part entière. Pour la justice, Veloso ne saurait être complice : puisqu’elle n’est qu’une femme, elle devait logiquement se trouver sous la coupe des hommes. Etant une femme, elle est aussi considérée intrinsèquement moins dangereuse qu’un homme. Surtout, Veloso est sagement restée dans son rôle « féminin ». La justice sait en effet punir, et parfois encore plus sévèrement que les hommes, les femmes qui « sortent de leur rôle » et se mettent à rendre les coups : en témoigne le récent procès de D., condamnée pour s’être défendue d’une agression sexiste et lesbophobe. Le sexisme institutionnel fait le deuxième pas : Veloso n’est même plus accusée de complicité.

L’envers du sexisme judiciaire est alors la dépolitisation systématique du meurtre de Clément. Le rôle de Veloso ne peut être jugé insignifiant seulement dans une logique qui réduit le meurtre aux coups qui ont été portés, niant la dimension politiquement organisée de l’agression. C’est là le message envoyé par la justice, qui fait comme si les multiples appels passés par Veloso à d’autres militants néonazis, notoirement violents, n’avaient rien à voir avec le meurtre qui s’est ensuivi. C’est, enfin, le troisième pas : l’agression politique organisée est réduite aux coups donnés par un ou deux accusés, à la simple bagarre de rue.Watch movie online The Transporter Refueled (2015)

La dépolitisation, renvoyant fascistes et antifascistes dos à dos comme s’ils étaient « symétriques », fonctionne ici en complément du sexisme, radicalement réactionnaire ou ordinaire. Ce que les faits nous montrent, c’est que ces deux discours servent le camp fasciste.

Des nuits de rage plutôt qu’une minute de silence

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Les 6 et 7 juin, le Comité pour Clément organise le festival « Les lendemains qui chantent » : deux soirs de musique militante et des tables de presse portant la diversité des luttes antifascistes. Organisé le même week-end que la manifestation antifasciste, il se veut un outil de commémoration politique.

Clément, comme beaucoup d’antifascistes, pensait que les luttes politiques ne se satisfont pas des moyens d’action « traditionnels », mais que nos combats gagnent à investir des domaines variés : les contre-cultures permettent de créer des espaces de résistance, une autonomie culturelle, souvent plus efficace et plus concrète qu’un tract ou une conférence. La musique est l’un de ces lieux que nous pouvons transformer en ligne de front : parce que la mort de Clément ne nous fera jamais baisser les bras, nous préférons les nuits de rage aux minutes de silence.

Si la musique permet sans doute de faire vivre nos luttes, il demeure qu’il est plus facile et plus évident de dédier un concert à une cause, à un mouvement, à une organisation d’anonymes. Le principe même de la commémoration politique pose la délicate question de la personnalisation, et de la transformation posthume d’un camarade en martyr. Nous ne souhaitons pas fuir cette question : nous nous la posons à chaque moment de l’existence du Comité pour Clément.

D’une part, ce festival n’a évidemment aucune visée lucrative, mais est organisé comme festival de soutien. Si des bénéfices en sont dégagés, ils serviront nos combats juridiques directement liés au meurtre de Clément.

D’autre part, il n’entend ni se limiter à l’hommage entre ami.es, ni participer à faire de Clément un martyr. Notre démarche part de ce constat : nous n’avons pas choisi la personnalisation de Clément. Les médias dominants se sont déchaînés avant, à notre place, transformant sa mort en rebondissement de feuilleton, niant ce qu’elle était en tout premier lieu : une agression fasciste, et le signe pour tou.te.s qu’il était urgent de (re)prendre l’antifascisme au sérieux. Dès lors, nous ne pouvons pas faire comme si Clément était resté l’anonyme libertaire qu’il aspirait à être : cela reviendrait à accepter la dépolitisation radicale de son meurtre, et à laisser son image être dépecée entre les intérêts de l’extrême droite et ceux des médias dominants, sans intervenir. Nous ne sommes pas de ceux qui refusent de rentrer dans l’arène ; or le souvenir de Clément en est une, certes douloureuse, mais décisive.

Un an après la mort de Clément, assassiné par des fascistes : plus que jamais, combattons l’extrême droite !

Le 5 juin 2013, Clément était tué par des militants d’extrême droite.

Son cas devenu emblématique n’est pourtant pas isolé. Nombreuses sont celles et ceux qui doivent affronter les oppressions.

Elles prennent des formes multiples (violences policières, expulsions, stigmatisations, islamophobie, lois racistes, remise en cause du droit à l’IVG…). Les récents scores électoraux du Front National ne sont pas là pour nous rassurer.
C’est pour cela que nous croyons que la mémoire de Clément n’appartient à personne, mais vit dans le combat de toutes celles et ceux qui s’opposent, à hauteur de leurs moyens, à ces oppressions.

Nous appelons donc à continuer la lutte, en mémoire de Clément et pour toutes les victimes du fascisme, des racismes, du sexisme, de l’homophobie, en participant à la manifestation qui se tiendra un an après sa mort le 7 juin 2014.

affichemanif7juin

Signataires (au 3 juin) :
ACTIT – Act Up-Paris – Action Antifasciste Paris-Banlieue – Action Radicale Féministe – Alternative Libertaire – Breizhistance – CADAC – CNDF – Collectif 8 mars pour touTEs – Collectif Antifasciste Paris 18 – Collectif Antifasciste Paris Banlieue – Collectif CIVG Tenon – Collectif d’habitants d’Arcueil contre le FN – Collectif Etudiant Turc et Kurde – Comité pour Clément – Confédération Paysanne – CSP 17e – DAL – Debunkers des rumeurs/hoax d’extrême droite – Ensemble – Les Effronté-e-s – FASTI – Femmes en lutte 93 – ICAD – G.A.R.ç.E.S – Génération Palestine Paris – La Horde – Mémorial 98 – MILI – MJCF – NPA – OC-FR – OCML-VP – Parti de Gauche – Parti Pirate – Quartiers Libres – Réseau No Pasarán – RLF Banlieue Est – SKB – Union syndicale Solidaires – Solidaires Etudiant-e-s – Strass – UDB Yaouank Brest – UJFP – UNSP – Vies volées – VISA

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Communiqué des organisations syndicales et de jeunesse

Les organisations CGT, FSU, Solidaires, la FIDL, l’UNL et l’UNEF, animées par des valeurs humanistes et de solidarité entre les peuples ont engagé unitairement un travail de lutte contre les idées d’extrême droite depuis plusieurs mois afin de faire reculer chaque jour les idées de haine, d’exclusion et de racisme, au travail et dans la société.Watch movie online The Transporter Refueled (2015)

Il y a un an, un jeune militant syndicaliste, résolument engagé dans la lutte antiraciste était assassiné sous les coups de militants d’extrême droite en pleine rue, à Paris.

La CGT, FSU, Solidaires, la FIDL, l’UNL et l’UNEF appellent tous ceux et toutes celles qui se sont indignés par l’agression et le meurtre de Clément Méric il y a un an, à participer aux rassemblements et initiatives organisés partout sur le territoire à l’occasion de l’anniversaire de sa mort qui se dérouleront le 7 juin prochain partout en France.

CGT – FIDL – FSU – UNEF – UNL – Union syndicale Solidaires

http://www.youtube.com/watch?v=vKoHjW-kpeo